Aimer à tort ou à raison
Un fil tendu entre l’accord
Et le vertige de trop se taire.
J’écoute un silence plus lourd que des pas,
Quand l’absence parle à ma place.
Je la protège sans l’enfermer,
Je la laisse battre, libre et fragile.
Et je vois aussi ce qui finit par s’user,
J’attends un geste qui ne vient pas.
Aimer à raison ou à tort,
Entre renaissance et interdits,
Le cœur s’égare, puis se relève encore,
À la frontière de l’envie et de l’oubli.
Je reconnais ce qui fait grandir,
Les mains sincères, les regards clairs,
Et je vois ce qui finit par s’user,
Les promesses creuses, les amours amères.
Je pose l’âme sans la briser,
Je partage sans me dissoudre.
Je suis deux sans cesser d’être moi,
Quand l’amour doute, quand il s’ouvre.
Je marche à deux sous la pluie,
Sans promettre un ciel sans nuage.
Je forge la douleur, je bâtis la paix,
Et pas à pas, je deviens sage.
Aimer, c’est tomber, se relever,
Apprendre quand partir, quand rester,
C’est dire je t’aime sans s’oublier,
C’est choisir la vérité.
Aimer à raison ou à tort,
Même blessé, même interdit,
Je choisis la flamme encore,
Car aimer me garde en vie.
Entre l’ombre et la lumière,
Je fais de mes peurs un passage,
Aimer à tort ou à raison,
C’est écrire son propre courage.
